Revue des Études Latines 26 (1948) pp. 357-358.


Q.  Septimius Florens Tertullianus, De oratione, critische uitgave met prolegomena, vertaling en philologisch-exegetisch-liturgische commentaar door G. F. DIERCKS : Diss. Amsterdam, Bussum, 1947, CIV & 312 pages.

Le mince traité de Tertullien, De oratione, mérite assurément le gros volume que M. Diercks vient de publier à son sujet. L’édition et la traduction n’occupent guère, en effet, qu’un peu plus du dixième de l’ouvrage total. Cette disproportion montre assez combien de science enveloppe et enrichit la vingtaine de pages de Tertullien. Les prolégomènes nous offrent une description minutieuse des deux manuscrits Paris. lat. 1622 (le fameux Agobardinus, dont un feuillet est reproduit ici en fac-similé) et Ambros. G. 58 sup., puis de la trentaine d’éditions du De oratione; les plus anciennes gardent des traces précieuses de manuscrits aujourd’hui disparus ; mais la meilleure des modernes, celle du Corpus de Vienne, date déjà de plus d’un demi-siècle et n’est point parfaite, ce qui justifie pleinement l’entreprise nouvelle de M. Diercks. On sait que le traité de Tertullien sur la prière roule tout entier sur la prière fondamentale pour les chrétiens : le Pater; nous trouvons ici (p. XLVI-XLVII) un utile tableau des neuf rédactions anciennes, grecques ou latines, dans lesquelles elle nous a été transmise. M. Diercks explique ensuite pourquoi Tertullien examine la troisième demande du Pater avant la deuxième; il date le traité de l’une des quatre premières années du IIIe siècle, c’est-à-dire de la période pré-montaniste de Tertullien ; il étudie les sources et la survie du traité, notamment ses rapports avec différents ouvrages où il est question du Pater (Cyprien, Chromatius d’Aquilée, le Sacramentaire gélasien, Fortunat, Isidore de Séville) ; le rapport de filiation est particulièrement net entre le traité de Tertullien et celui de saint Cyprien. Enfin, selon M. Diercks, l’ouvrage de Tertullien est la rédaction écrite d’un exposé oral. Le texte latin et la traduction en néerlandais sont suivis d’un commentaire très abondant (242 pages), parfois un peu touffu (il y a heureusement un index), d’ordre à la fois philologique, exégétique et liturgique. Lorsque la note serait trop longue, elle fait l’objet d’un excursus particulier, rejeté après le commentaire du chapitre. Signalons les principaux de ces excursus: chap. VIII, parallèle avec le De fuga; XIII, sur les ablutions; XXIII, sur le repos du dimanche; XXV, sur les heures canoniques; XXVII, sur l’alleluia et la psalmodie. Qui aura le courage de ne pas se rebuter devant un si gros volume, rédigé entièrement en néerlandais, sera récompensé de sa peine. Mais combien auront ce courage?

Pierre COURCELLE.


Q.  Septimius Florens Tertullianus, De oratione, critische uitgave met prolegomena, vertaling en philologisch-exegetisch-liturgische comm entaa r door G. F. DIERCKS : Diss. Amsterdam, Bussum, 1947, CIV & 312 pages.

The little tract of Tertullian, De oratione, undoubtedly deserves  the large volume that Mr. Diercks has just published about it. The edition and the translation hardly occupy, indeed, but a little more of the tenth of the total work. This disproportion shows enough how much science wraps and enriches the twenty pages of Tertullian. The prolegomena offers us a meticulous description of the two manuscripts Paris lat. 1622 (the famous Agobardinus, of which a leaf is reproduced here in facsimile) and Ambros. G 58 sup., then the thirty-odd editions of De oratione; the oldest retain invaluable traces of manuscripts now disappeared; but the best modern edition, that of the Vienna Corpus, is already more than half a century old and is not perfect, which fully justifies the new enterprise of Mr. Diercks. It is known that the treatise of Tertullian on the prayer draws entirey on the fundamental prayer for the Christians: Pater; we find here (p. XLVI-XLVII) a useful table of the nine old, Greek or Latin redactions, in which it was transmitted to us. Mr. Diercks explains then why Tertullian examines the third request of Pater before the second; he dates the treatise from the first four years of the IIIrd century, i.e. of the pre-montanist period of Tertullian; he studies the sources and the survival of the treatise, in particular its relationship with various works where the Pater is discussed (Cyprian, Chromatius of Aquileia, the Gelasian Sacramentary, Fortunatus, Isidore of Seville); the demonstration of filiation is particularly neat between the treatise of Tertullian and that of St. Cyprian. Lastly, according to Mr. Diercks, the work of Tertullian is the written redaction of a verbal statement. The Latin text and the translation in Dutch are followed by a very abundant commentary (242 pages), sometimes a little involved (there is fortunately an index), of an nature at the same time philological, exegetical and liturgical. When the note would be too long, it is the object of a separate excursus, placed after the comment on the chapter. Let us mention the principal of these excursus: chap. VIII, the parallel with De fuga; XIII, on ablutions; XXIII, on resting on Sunday; XXV, on the canonical hours; XXVII, on the alleluia and the psalms. He who will have the courage to place himself before so large a volume, entirely written in Dutch, will be rewarded for his trouble. But how many will have this courage? 

Pierre COURCELLE.


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