Recherches de Science Religieuse 27 (1937) p. 620


TERTULLIEN CHEZ BÈDE? [English Translation]

Bède le Vénérable, auteur essentiellement ecclésiastique, n’aime point à citer les autorités profanes. S’il rencontre chez Moïse, chez Daniel ou chez saint Paul, quelque trait de provenance égyptienne, chaldéenne ou grecque, il éprouve le besoin de dire que le miel des abeilles païennes est devenu inoffensif en pénétrant dans le texte sacré; quant à l’abeille qui le distilla, si elle avait le miel à la bouche, elle avait au postérieur un dard empoisonné 1. Sans nul doute, les hérétiques sont pour lui des autorités profanes. Pourtant, il a cité une fois Tertullien 2. Voici en quels termes

Pulchre quidam nostrorum ait : Philosophi, patriarchae haereticorum, Ecclesiae puritatem perversa maculavere doctrina.

Les trois mots que nous avons soulignés sont bien connus pour appartenir à Tertullien, Adv. Hermogenem, 8. Mais le contexte où Bède les cite est pris de saint Jérôme, Ep. CXXXIII, 2, Ad Ctesiphontem. Et c’est saint Jérôme qui a désigné Tertullien comme quidam nostrorum. On ne saurait donc affirmer, d’après ce texte seul, que Bède ait eu conscience de citer, à travers saint Jérôme, Tertullien.

Mais il a nommé Tertullien une fois, en suivant (plus ou moins fidèlement) la trace d’Eusèbe traduit par saint Jérôme. Voir De temporum ratione, A. M. 4170, Chr. 219 3.

ADHEMAR D’ALÈS.

 

1. In Samuelem prophetam allegorica expositio, 1. II, C. 9, P. L., XCI, 590 A.

2. Ibid., 1. IV, c. 10, 710 A. Je dois cette référence et la précédente à Dom B. Capelle, le Rôle théologique de Bède le Vénérable, estratto des Studia Anselmiana, n. 6, p. 9. 

3. P. L., XC, 551 B; MGH, Chronica minora, ed. Mommsen, III, 389.


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